Un préjugé d’hier…

Dans le bon vieux temps, il y avait bien des préjugés et il y en avait un qui, avec les yeux d’aujourd’hui, nous paraît très inhumain et même cruel, c’est celui d’avoir un enfant hors mariage.

Quand une fille commençait ses fréquentations, les parents, et en particulier la mère, l’avertissait de ne pas revenir à la maison avec un paquet; ce qui voulait dire être enceinte. Ma mère disait à mes sœurs : si toutes les filles étaient bonnes, il n’y aurait pas de mauvais garçons; comme si le mal venait des filles et que les garçons n’avaient rien à voir au processus de procréation.

Quand une fille revenait à la maison enceinte, c’était le déshonneur total pour la famille; elle avait commis un péché et c’était la honte. On essayait de tenir ça bien caché. On l’envoyait poursuivre sa grossesse loin du milieu chez une parente ou dans une institution religieuse de bonnes sœurs, qui l’accompagnait durant sa grossesse en lui faisant exécuter des travaux pas des plus nobles, afin qu’elle expie son péché d’avoir fêter Pâques avant le temps – une expression du temps.

Le pire pour cette fille était de confier son enfant à la crèche; quand on ne lui enlevait pas avant même qu’elle n’ait pu le voir. On privait l’enfant de sa mère, elle restait en marge de la société toute sa vie et l’enfant prenait le nom de bâtard. Les enfants de Duplessis en sont le plus bel exemple.

Les religieuses faisaient sans doute leur grand possible pour bien l’élever, mais elles ne pouvaient pas lui donner autant d’attention et d’affection qu’il aurait reçu de sa mère.

Arrivés à l’âge adulte, les enfants qui n’étaient pas adoptés, étaient offerts, un peu comme du bétail, à des gens qui avaient besoin d’eux pour du travail à bon marché dans le milieu où ils résidaient. Le milieu les avait à l’œil, s’il y avait des problèmes, c’était les premiers à se faire regarder.

Ils y en a beaucoup qui ont réussi dans la vie, même en étant les enfants du péché, mais ils leur manquaient toujours l’amour familial. Ils avaient de la difficulté à fonder un foyer, les parents s’objectant toujours à voir leurs filles ou garçons se marier avec un bâtard; c’était jeter la malédiction de Dieu sur leur famille car ils étaient des enfants du péché.

Aujourd’hui, on trouve la manière d’agir de ces gens-là un peu révoltante et anti-sociale mais c’était le temps et les évènements font le temps. Dans les générations futures les préjugés comme celui-ci seront levés et ce sera notre temps.

Quelles souffrances ont endurées ces mères de devoir remettre un petit enfant à la crèche et de s’en séparer à jamais.

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